Effets secondaires psychothérapie : Guide complet

Idées principalesDétails et explications
😟 Effets secondaires réels et mesurablesEntre 3 et 15% des patients connaissent une aggravation clinique mesurable.
🔍 Confrontation aux souvenirs désagréablesReprésente 56,6% des effets secondaires dans une étude de 5 562 personnes.
😰 Dépendance au thérapeuteCaractérisée par un besoin intense et la conviction qu’aucun autre professionnel ne pourrait comprendre.
⚠️ Pratiques dangereuses identifiéesScott Lilienfeld (2007) a répertorié des approches causant des dommages démontrés aux patients.
✅ Monitoring régulier des symptômesRéduit significativement les taux de détérioration et détecte plus tôt les signaux d’alerte.
🤝 Alliance thérapeutique solide au départConstruire une relation de confiance forte dès le début limite les risques nocebo.

Entre 3 et 15% des personnes qui entament un suivi psychothérapeutique présentent une aggravation clinique mesurable au cours du traitement.
Ce chiffre surprend souvent — on imagine volontiers que « parler à quelqu’un » ne peut faire que du bien. Pourtant, la recherche scientifique est claire : la psychothérapie produit des effets secondaires réels, parfois attendus, parfois préoccupants.

Avant de vous lancer dans un accompagnement, ou si vous êtes déjà en plein dedans et que quelque chose vous semble étrange, voici ce qu’il faut vraiment savoir.

Je me souviens d’une cliente qui m’avait confié, un peu gênée, qu’elle se sentait plus mal depuis qu’elle avait commencé sa thérapie. Elle pensait que quelque chose n’allait pas chez elle. En réalité, ce qu’elle vivait est documenté, étudié, et bien plus fréquent qu’on ne le croit.

Historiquement, la psychothérapie a longtemps dû se battre pour prouver qu’elle servait à quelque chose. Eysenck, en 1952, affirmait carrément qu’elle n’avait aucun effet. Shepherd, en 1984, n’y voyait que des effets contextuels. Dans ce contexte, pointer ses effets négatifs potentiels est resté tabou pendant des décennies. Résultat — seulement 4% des études recensées par Krivzov et ses collaborateurs mentionnent des échecs thérapeutiques. Un chiffre édifiant.

Pourtant, les effets iatrogènes liés aux interventions psychologiques existent bel et bien. On peut les classer en trois grandes catégories :

  1. Les effets qui surviennent pendant la thérapie sans lui être directement reliés
  2. Les effets qui découlent directement de l’intervention thérapeutique
  3. Les effets causés par une faute professionnelle ou des pratiques contraires à l’éthique

Dans une étude allemande portant sur 5 562 personnes, la confrontation à des souvenirs désagréables représente à elle seule 56,6% des effets secondaires attribués à la psychothérapie. Ce n’est pas anodin. Et cela ne signifie pas que la thérapie échoue — parfois, ressentir davantage fait partie du chemin.

Il faut distinguer les effets secondaires attendus et temporaires de ceux qui signalent un vrai problème. Voici un tableau récapitulatif pour y voir plus clair :

Type d’effetExemples concretsCaractère
😔 Émotions désagréablesTristesse accrue, anxiété après séanceSouvent temporaire
😵 Symptômes physiquesNausées, étourdissements (exposition réalité virtuelle)Temporaire, limité
😰 Dépendance au thérapeuteBesoin de consulter très fréquemment, incapacité à envisager l’arrêtPeut s’installer durablement
💔 Perturbations relationnellesConflits de couple, tensions familialesVariable selon l’accompagnement
⚠️ Faux souvenirsLiés à certaines techniques de régression ou d’imagerie guidéePotentiellement grave
🚨 Abus éthiquesHarcèlement, manipulations idéologiques ou sectairesGrave, signalement nécessaire

La dépendance au thérapeute mérite une attention particulière. Elle ne ressemble pas à une dépendance médicamenteuse — pas de syndrome de sevrage des antidépresseurs et effets secondaires du sevrage ici. Elle se manifeste plutôt par une soumission progressive, un besoin intense de contact, et surtout la conviction qu’aucun autre professionnel ne pourrait comprendre. Ce dernier aspect est, selon les chercheurs, le facteur le plus associé à cet effet indésirable.

Certaines thérapies spécifiques cumulent davantage de risques. Scott Lilienfeld a identifié en 2007 une liste de pratiques causant des dommages démontrés : le Critical Incident Stress Debriefing (créé par Mitchell en 1983), les techniques de mémoire retrouvée, ou encore certaines thérapies de type « Scared Straight ». Ces approches ne sont pas anecdotiques — elles sont encore pratiquées. L’étude de Williams et al. (2000) a confirmé statistiquement que ces pratiques présentent un risque significatif pour les patients.

Bonne nouvelle : le monitoring régulier des symptômes réduit les taux de détérioration. Quand un thérapeute utilise des outils de mesure répétés et des indicateurs d’alerte, il détecte plus tôt les signaux d’aggravation. Hélas, la formation des praticiens à la reconnaissance de ces effets négatifs reste largement insuffisante.

Le Code français de déontologie des psychologues stipule pourtant qu’un professionnel doit informer clairement des limites de son intervention. Mais attention : informer sur les risques peut aussi augmenter la probabilité de les vivre — c’est l’effet nocebo. Pour limiter ce risque, plusieurs stratégies existent :

  • 🗣️ Présenter clairement les bénéfices attendus en priorité
  • 🤝 Construire une alliance thérapeutique solide dès le départ
  • 🔎 Réduire les attentes négatives excessives du patient si nécessaire

Côté pratique, une séance coûte entre 35 et 100 euros, dure entre 45 minutes et une heure, et un suivi peut s’étaler de quelques mois à plusieurs années. La Sécurité sociale rembourse peu ou pas les séances en libéral, sauf si elles sont assurées par un psychiatre. Les Centres médico-psychologiques permettent un accès gratuit. Parmi les plus de 400 approches thérapeutiques existantes en France et aux États-Unis, la HAS (2017) et le NICE (2014) recommandent de privilégier la psychothérapie en première intention pour les troubles légers à modérés — notamment face aux effets indésirables bien documentés de certains médicaments, comme les effets secondaires du Cymbalta.

Mais attention au revers : rester des mois dans une thérapie inadaptée, c’est aussi perdre un temps précieux. Une dépression non traitée efficacement se chronicise. Un trouble bipolaire accompagné uniquement par la parole peut évoluer vers des formes plus sévères. Le retard thérapeutique, en santé mentale, se paie en souffrance durable. Parfois, la chose la plus courageuse est de dire cette approche ne me convient pas — et de chercher autre chose, sans culpabiliser.

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